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lundi 18 avril 2011

Frühlingsallergie

Cela fait 15 jours que j'éternue, que je crachouille, que je toussaille, que j'expectore et que je dégouline et que je larmoie sans trève derrière mes lunettes noires.
Verdict: ma première allergie au Pollen.
Curieusement, A. qui avait régulièrement de sévères allergies à chaque Printemps à Montréal n'a encore...rien!

Das nervt echt!

Mais j'avoue: quand j'ai la force d'ouvrir les yeux, je trouve ca ...beau!

mercredi 22 décembre 2010

Da Winter isch ä chalti Jahhresziiiit...


La Suisse est normalement divisée en 2 mondes géographiques bien rangés:
La Suisse Alpine des loisirs et des sports d'hiver et la Suisse du "Plateau", celle des villes, des industries, du travail.


L'hiver par la fenêtre ( Würenlos)Cette année, la neige des vacances déborde largement dans la Suisse du travail et du quotidien. Ça fait un peu désordre, das tut gut/ça fait du bien!

L'hiver par la fenêtre du train (...en retard!) juste avant Lausanne, vers un we Dijon

mardi 14 septembre 2010

Landlocked Island

En visitant l' EXPAT EXPO de Zürich dimanche dernier, j'ai acheté le bestseller de Diccon Bewes "Swiss watching: inside Europe's landlocked island" Une approche "journal de voyage" humoristique et intelligente de la Suisse vue par un "auslander", un anglophone vivant à Berne. L'histoire, les codes et pensée sociale, les chaussures rouges (!), le recyclage...


PS: Je constate après un tour sur la blogosphère que je ne suis pas la seule à dévorer ce bouquin: voir le commentaire d'un autre Expat sur Frog me

lundi 19 juillet 2010

Montagne magique

La lecture est ma drogue et pour décrocher de mon addiction, je ne consomme actuellement que des livres en allemand. Jusqu'ici, je me suis cependant limitée aux BD et "lecturettes" pour ados illettrés, où le recours au dictionnaire n'est pas trop esclavageant. J'ai décidé qu"il était temps de prendre un peu de hauteur et voici mon ambitieuse résolution pour l'été: déchiffrer 'La montagne magique' de Thomas Mann dans sa version originale allemande "Der Zauberberg". En attendant mon escalade littéraire, voici quelques photos prises cette semaine au sommet du Mont-Titlis (Suisse centrale) par U. et J.

samedi 6 juin 2009

Bildung*

*Bildung = Formation/Éducation


L'école secondaire de Würenlos

Je manque encore de connaissances et de synthèse pour discourir avec maîtrise sur le SYSTÈME d'éducation suisse qui en inclut ...26 différents (soit 1 système par canton ou demi canton).

À droite, l'école... et à gauche, la clé des champs...

Je ne peux parler pour l'instant qu'à partir de la fraîche expérience scolaire de notre cobaye et fiston (tout juste 15 ans). Après 5 mois d'apprentissage de l'allemand à Zürich, il fréquente depuis mai (un mois plein de longs we et d'exams) l'école secondaire publique du village. Jusqu'ici, es geht, l'accueil (enseignants ET élèves) est sympa, ouf! on peut tranquillement commencer à remiser les nombreuses appréhensions et préjugés vis à vis d'une Suisse Alémanique dont on craignait qu'elle soit hostile et "anti-étranger".

Au lieu de cela, on constate une grande FLEXIBILITÉ: c'est l'avantage d'un milieu habitué à recevoir et intégrer constamment des étrangers (comprendre aussi dans le terme "étranger" le ti-gars qui a déménagé à un 1 km de chez lui et qui passe dans le camp ennemi euh non, le canton voisin). À Würenlos, milieu favorisé, il y a 15 élèves par classe, quel luxe! De façon générale, les handicapés (on les appelle plutôt les "non-germanophones", c'est plus poli!) ont droit à un suivi, des cours d'appoints d'allemand. Certains travaux peuvent être rédigés dans la langue maternelle: une langue officielle suisse de préférence, avec l'anglais bien sûr, mais pas encore ni le bulgare ni le turc, tout système a ses chouchous et ...ses limites!

À première vue, l'école suisse allemande parait très sélective. Il y a du TRIAGE dans le troupeau et cela assez rapidement, à l'âge de 12 ans, 15 ans. On dirige beaucoup de jeunes vers des formations professionnelles techniques (excellentes et valorisées , contrairement à la France par exemple). Seuls 15 % des élèves poursuivront la filière théorique jusqu'à l'examen de la "Maturité" (le passeport pour les études universitaires). En même temps, il y a plein de ponts, d'aiguillages (et höffentlich pas trop de voies de garages!) qui facilitent les changements d'orientations (par conséquent, cohabitation fréquente de différents âges dans une même classe). Il est même possible parait-il pour un autodidacte de passer l'examen de "Matu" fédéral (bon, dans les faits, la majorité des candidats sont issus d'écoles privées).

Écoles Privées? Zu teuer! Méga expensive! et zéro(0) subvention d'état contrairement au Québec. On a dans un premier temps pensé envoyer U. au Lycée privé Français mais pour quelqu'un qui a grandi au Québec, c'est un milieu/enclave d'expats qui exige éventuellement aussi un très gros travail d'intégration. (Non, on ne pense pas ça uniquement parce qu'on est radin!). Par contre, l'école Suisse publique et obligatoire (jusqu'à 16 ans) est GRATUITE pour de vrai, pas de petites taxes mesquines dissimulées (comparé au Québec encore, ou le parent doit par exemple assumer le coût des livres et souvent le matériel pour les écoles dites "à projets". L'emploi du temps est plus chargé qu'au Québec mais les cours secondaires (ceux qui ne prennent pas trop la tête) sont plus nombreux et variés. Davantage de vacances qu'au Québec au cours de l'année scolaire mais pas autant qu'en France, la reprise scolaire suisse se faisant très tôt en août. Un court été en perspective, c'est un peu l'arnaque -denke ich- mais un collègue suisse m'a expliqué que c'est notamment pour ça qu'ils -les suisses- sont meilleurs que les français!

Cette semaine, U est allé 4 jours près de Berne avec sa classe, dans la région de l'Emmental. (comme vous le savez, c'est LA région du fameux fromage à trou que tous les non-suisse confondent avec le Gruyère).

Au moins, tous les systèmes scolaires de la terre se donnent la main pour convenir que l'éducation, ce n'est pas nécessairement entre les 4 murs de la classe que ça se passe.
Au programme lors du voyage de la classe, la visite du Centre Paul Klee de Berne (photo de U.)

mercredi 20 mai 2009

Aarau

La Suisse est constituée de 26 Cantons ou chacun fait ...sa vie. En déménageant de Zurich (kreis 3) vers Würenlos, on est passé du Kanton Zurich au Kanton Aargau. Un tout petit kilomètre nous sépare de la frontière du Canton de Zurich. Mais techniquement, nous sommes à présent sous la houlette de la ville de Aarau , à Perpette les oies de notre home sweet home (c'est plus loin que Zurich ou l'on se rend aisément et avec plaisir quotidiennement). Nous n'avons, par contre, jamais mis les pieds à Aarau.


En Aargau/Argovie, les congés et la politique scolaire n'ont rien à voir avec Zurich (volonté d'être distinct? esprit de contradiction?) Les lois sur le travail autonome aussi (pas encore tout compris et ruminé). Aussi, les démarches administratives que nous avions entamées à Zurich pour obtenir nos permis de travail définitifs sont à reprendre: Wir müssen wieder bei null anfangen!


Cette semaine, ayant (encore!) une histoire de visa à régler en urgence, pas le choix: je me rend pour la première fois (en fulminant) dans la ville de Aarau, située au centre du triangle Zurich/Basel/Bern. Aarau n'étant même pas mentionnée dans mon guide touristique préféré, j'ai forcément de sérieux préjugés sur la ville, solidement renforcés par ma haine pour tout ce qui englobe le têtage administratif.


Mais, évidemment...SURPRISE!!!

Aarau (source Wikipédia)



La vieille ville altstadt de Aarau est magnifiquement bien conservée. Ancienne place forte (tour de garde du pont sur l'Aar), elle a conservé son look médiéval. Rues pavées et piétonnes animées, fontaines, fleurs, cafés qui débordent sur les nombreuses places, profusion de librairies ou l'on peut traînasser, beaux points de vue sur la rivière de l'Aar et les montagnes du Jura. Je suis impressionnée par les pignons/avant-toits peints des maisons bourgeoises "gothique tardif" datant du 16ème siècle (nommés Dachhimmel), les plus beaux de Suisse parait-il!




J'apprend que Aarau a davantage d'emplois que de résidents, voilà pourquoi, j'imagine, il y a chaque jour autant de trafic, grouillement d'étrangers et de dynamisme pour une ville de cette taille (la gare est en chantier avec un ambitieux projet de rénovation). Und, es war ein Mal, devinez qui a été choisi à cause de sa situation stratégique comme première capitale de la confédération suisse, avec un premier parlement et tout et tout, en 1798? Bonne réponse: AARAU


Ce n'est pas n'importe "qui" finalement LA ville de MON Canton!

dimanche 10 mai 2009

Eis, Zwo, drüü...*

* 1,2,3 version suisse allemande (soit eins, zwei, drei, en allemand)

À Würenlos, il y a une vie associative active. En janvier, je me suis inscrite au cours de "step" en face de chez moi, dans le but de perdre les quelques kilos qui me séparent de la norme suisse. Le cours se déroule en suisse allemand, je peux au moins à présent compter en dialecte et en rythme, jusqu'à ...8! Un avantage : quand je me précipite, pleine de zèle, vers la droite plutôt que vers la gauche dans une chorégraphie, certains pourraient avoir l'indulgence de penser que c'est par manque de maîtrise du Schwizerdutch (donc, la non compréhension des instructions) et non pas à cause d'un flagrant manque de coordination inscrit profond dans mes gènes réfractaires à la grââââce. Malgré tout, l'on a vivement insisté pour que je participe au grand spectacle d'inauguration du nouveau gymnase de l'école (après ça, qui osera ENCORE affirmer que les suisses allemands ne sont pas SUPER sympathiques?) Ajoutons à cela un petit "ja , warum nicht?" de trop de ma part au mauvais moment, et voilà comment je me suis retrouvée embarquée dans un processus de répétitions infernales, qui aboutissent sur l'arène ce samedi soir ou je me trémousse avec conviction sur la musique de Dancing Queen, devant le (bon) public de Würenlos.
Petits et grands "Würenloser" (habitants de Würenlos) ont participé au spectacle, avec de l'humour, une technique son/lumière très pro, des musciciens. De très nombreux bénévoles se sont mobilisés pour les chorégraphies, la déco, le maquillage, les costumes, le service aux tables: une organisation redoutable, vraiment! Le héros du village (le modèle de la jeunesse d'ici) qui fait maintenant de la compétition au niveau international (barres parallèles) nous a même offert une impressionnante prestation sous les hurlements d'extase de la foule énamourée. N'éprouvant pas le besoin de témoigner avec des photos de ma propre performance, bien planquée dans le groupe des Dancing Queen, il ne vous reste plus qu'à m'imaginer, disons...pourquoi pas dans un tutu?



Finalement, le plus important pour moi, pendant ces quelques mois de participation (timide) aux préparatifs du spectacle du village, c'est l'effet brise glace. Progressivement, on me salue davantage dans la rue ou au supermarché d'un chaleureux "Hoi Krichttina!" (euh...c'est mon prénom mais avec la prononciation locale) et non plus avec le "Gruezi" d'usage, poli certes mais anonyme).


Toujours dans le thème Brise Glace, voici un courant de "performances dansées" que je trouve génial:
Cette semaine, ma copine M. m'a opportunément envoyé cet enregistrement fait par une chaîne télé Flamande. C'est une mise en scène, filmée dans le hall de la gare centrale d'Anvers. Deux cents danseurs/danseuses se sont mêlés avec les voyageurs et commencent tout à coup à danser sur une chanson. Les voyageurs ne sont pas au courant et le tout est filmé avec des caméras cachées.


On clique ici pour voir la vidéo:

commentaire enthousiasmé:
C'EST SUPER. REGARDEZ LE VISAGE DES GENS QUI S'ÉPANOUIT AU FUR ET À MESURE DU DÉROULEMENT DE LA DANSE! UN JOUR, TOUT LE MONDE FERA PARTIE DE LA PARADE!
Une autre performance dans le genre comédie musicale urbaine:

jeudi 9 avril 2009

Lapin d'or

Ils sont partout! Des géants, des minis, des blancs, des noirs, des "au lait", des gonflables, des "en peluches": les lapins d'or de Lindt envahisssent les supermarchés et l'espace publique.

Zürich flughafen


On ne croirait jamais que les temps sont incertains même pour les cutes petits lapins. Manger du chocolat est trop ancré dans la culture suisse (+de 11kg par an par habitant) pour que l'habitude s'effondre brusquement. Mais on observe une certaine prudence chez les spécialistes du chocolat haut de gamme Lindl&Sprüngli: ils s'abstiennent de relever les tarifs dans l'immédiat pour échelonner les hausses sur 2 ans. Car les consommateurs chocolatés ont tendances à acheter moins cher, ce qui profite ...aux hards-discounters (bas de gamme) allemands.
On a fait notre effort patriotique cette semaine en achetant notre lapin d'or goldhase Lindl, mais il ne faudrait pas compter que sur nous pour faire rouler l'économie de Pâques: nous quittons la Suisse et l'orgie de cacao pour quelques jours...


JOYEUSES PÂQUES et à bientôt!
EIN FROHES OSTERFEST und bis bald!

samedi 28 février 2009

Possession...

Je suis la dernière personne sur la planète à n'avoir PAS de portable. Mais pour la première fois seulement cette semaine, j'ai songé sérieusement à m'équiper d'un mobile avec OREILLETTE.

Warum?

- À cause d'une vie professionnelle trépidante ou il est capital que je sois rejointe en tout temps?

- Pour faire face aux dangers et imprévus de la vie Zurichoise et garder un lien étroit avec la police et l'hôpital?

- Pour tenir mon chum informé des promotions sur le poulet chez Migros?

Non: Il me faut un portable avec oreillette parce que...J'APPRENDS L'ALLEMAND et j'ai impérativement besoin d'un ALIBI pour pouvoir en toute liberté PARLER TOUTE SEULE en public...sans récolter les regards de pitié et de gêne réservés habituellement aux ...schizophrènes!

L'apprentissage de l'allemand ne me mobilise pas seulement lors de mes 2 demi-journées de cours à Altstetten, non, l'allemand m'OBSÈDE tout le temps, partout: je lis les inscriptions dans la rue en les répètant inconsciemment 3 à 4 fois de suite à voix haute, le regard hébété. Je poursuis sans m'en rendre compte mes expériences sonores dans le train, au cinéma, dans les magasins, au café... Je roule les rRRRrrr, j'expérimente les CCCChhhh de l'allemand, les KKJJJRRR du suisse allemand, j'ânonne, je cherche, je module: est-ce plus guttural? plus dur? plus rocailleux? plus enroué? plus râpeux?, plus craché? plus rauque? plus rocailleux???



Ich bin...POSSÉDÉE!

lundi 16 février 2009

Wir fahren mit der S-Bahn...

Samedi soir, nous sommes conviés à fêter la St-Valentin en charmante et québécoise compagnie, autour d'une délicieuse raclette. Faut-il louer une auto pour s'y rendre? boooaaafff, un si petit trajet? Non bien sûr, nous prenons le train, et tout se passe très bien...à l'aller!


Quant au retour...
L'hiver dernier, pour les "Éditions de la Chenelière Montréal", j'ai réalisé l' image ci-dessous afin d'illustrer un texte "Les voyages en train" du slameur "Grand corps malade". Mais je désire aujourd'hui rebaptiser cette image et l'intituler ainsi:

"Odyssée de retour by night en train un soir de St-Valentin"

Tout commence donc très banalement, nous prenons le train habituel, la S-3 direction killwangen-Spreitenbach. Puis, arrêt habituel à Dietikon. L'arrêt est un peu longuet mais rien de traumatisant, jusqu'à ce que l'on remarque tout de même un phénomène bizarre: le silence règne, les lumières s'éteignent et il n'y a ...plus personne dans le train! Bon, certains trains finissent à Dietikon, même si d'habitude, c'est annoncé. Allez! "kein Problem", on descend pour prendre la S-12 mais...IMPOSSIBLE de sortir, les portes sont ...barrées. Je commence à envisager un dodo dans le train, (je suis encore dans les vapeurs d'une soirée bien arrosée et je suis très très relax), je jauge avec envie les banquettes très confortables, juste pour nous. Je cherche la meilleure pour piquer un petit somme, quand, malheureusement pour l'histoire qui aurait été 100 fois + passionnante, 2 employés passent sur le quai et aperçoivent U. et A. collés sur la vitre qui s'acharnent avec méthode sur la porte. L'homme et la femme tentent à leur tour d'ouvrir de l'extérieur ...sans succès. Nous les voyons se saisir de leur portable et entamer une série d'appels de détresse, pendant que je trouve finalement mon sort bien enviable, autant ronronner ici au chaud plutôt qu'attendre un autre train dans le froid non? et puis, rien à faire, je n'arrive pas à me sentir en danger en Suisse, totale confiance! Après un certain temps tout de même, nous entendons à l'autre bout du wagon un petit homme, valise à la main qui fulmine et qui rage. On le regarde avec bienveillance , comme un camarade de guerre qui lui aussi s'est fait prendre au piège de l'ennemi commun, jusqu'au moment ou l'on réalise que, peut-être pour lui, bin...C'EST NOUS l'ENNEMI! Lorsqu' on le voit sortir des clefs pour débarrer la porte de l'intérieur, il n'y a plus aucune trace de doute dans nos esprits embrumés, c'est bel et bien contre NOUS qu'il hurle! Pendant que le monsieur m'insulte dans des mots très vilains probablement, je constate que ça ne me fait ...rien, je suis comme une spectatrice au théâtre. Je regarde le monsieur s'agiter, me cracher tout son venin et je ne ressens pas un gramme de culpabilité. Étonnant quand on sait que d'habitude je suis du genre à "m'excuser d'exister" . Est-ce le début de la sagesse? l'autisme? l'ivresse? Je découvre pour la première fois combien cela peut-être amusant aussi de ne rien comprendre, pas concernée pantoute!

Bref, notre employé modèle finit pas s'épuiser face à autant d'inertie de notre part , il nous libère et se casse furibond sans écouter le petit "entchuldigung" laborieux d'A. et un "merci vielmal' tout guilleret de ma part. (après tout, on lui a peut-être fait rater son dernier train à lui aussi? mais non, il a un char sûrement, et puis d'la marde, on s'en fout.)

Mais les 2 autres employés sur le quai prennent le relais. Le gars entame un discours éloquent, je l'écoute avec un air abruti de circonstance en glissant quelques "ja, ja, ja natürlich, ja ,sicher" qui traduisent ma bonne volonté . Le monsieur est tout à coup foudroyé par une évidence:

"Vous ne comprenez pas très très bien l'allemand n'est-ce pas? " me demande t-il ?

"Bin...nein!" répond-je, épatée par autant de perspicacité.

"und woher kommen Sie? (et d'ou venez-vous) ?" continue t-il.

"Ben...Kanada" rétorque-je (selon les circonstances, je répond soit "Canada", soit "France").

"ahhh, donc vous parlez anglais?" triomphe t-il, sur quoi je lâche un grand YESSSSSSS soulagé. Le désir de lui expliquer qu'au Canada, il y a un petit coin appelé Québec ou l'on parle aussi français etc etc me saisit, mais je sens que ce n'est malheureusement pas le meilleur moment pour entrer dans les nuances.

Il enchaîne sur un long discours en anglais pour m'expliquer que le soir, il faut bien écouter les messages du conducteur, et être sur ses gardes. Il compatit: le suisse allemand, c'est pas facile à comprendre etc. C'est à ce moment là que je réalise qu'il doit avoir des origines hindou ou autre, bref, en tout cas, il est solidaire des étrangers abrutis qui ne comprennent rien et m'explique très patiemment que, à cette heure tardive, nous devons prendre des bus de nuit pour nous rendre chez nous.

Et il répond très gentiment à mon "thank you" plein de reconnaissance!

Enfin! un peu d'amour, que diable! en cette soirée de St-Valentin!

Nous partons illico presto en quête d'un bus qui aurait l'amabilité de nous conduire à notre home sweet home. On l'attend dans le froid, on le trouve, on vérifie et contre vérifie la direction auprès du conducteur qui collabore. Nous voici au coeur de la banlieue industrielle de Spreitenbach, quand le bus s'arrête vers Ikea: Terminus, tout le monde descend.

Là encore, on re-cherche une autre correspondance en bus pour la gare de Killwangen, on re-vérifie encore auprès d'une dame et encore auprès de jeunes qui nous quêtent une clope et c'est re-parti. Arrivés à la gare, on entame l'ascension finale de la colline de Würenlos...à pied, yeap! dans 15 minutes nous serons chez nous.

Quand brusquement des skinheads surgissent de la nuit et tatouent U. à coup de cutter... bin non, c'est pas vrai, ça, c'est une autre histoire qui est à l'actualité en Suisse. Pour nous, tout est bien qui finit bien, on est même inscrit à Mobility (communauto Suisse). Je voulais juste voir ...si vous écoutiez, allez, bonne nuit!

lundi 9 février 2009

Une aventure palpitante...

Je lis d'habitude quelques BD en allemand, mais actuellement, je suis en pleine régression: Je relis la série du "Club des cinq" d'Enid Blyton (La bibliothèque rose!).
Mais j'ai un ALIBI!, je lis en ALLEMAND!
Le texte est au prétérit, un temps rarement utilisé en allemand parlé, donc une excellente opportunité d'apprendre mes verbes irréguliers et me familiariser au récit écrit. Une histoire sans surprise qui m'évite de constamment ouvrir le dictionnaire. (Quand je croise 5 fois le même mot, il s'imprime dans ma tête et j'ai alors la motivation nécessaire pour le retrouver dans le dico). Il y a de nombreux dialogues et clichés que je note: Ils feront un très bel effet dans mes futures conversations mondaines en allemand!
Je n'ai retrouvé l'ambiance et reconnu l'histoire du "Club des 5 en expédition" lue plusieurs fois dans mon enfance qu'à la page 121, et encore, c'est vague. Une approche en langue allemande évoque d'autres images dans mon cerveau, les illustrations ne collent pas à mon monde (tiens, faudra que je retrouve le nom de l'illustrateur français qui me faisait tripper à l'époque) et j'ai ...grandi peut-être, je trouve ça moins... "palpitant"!

Je demeure cependant convaincue que le "club des cinq" (Fünf Freunden) a le pouvoir d'enrichir mon vocabulaire allemand de la même façon qu'il a marqué le style et le vocabulaire de mes premières rédactions scolaires en français, par exemple:

Dissertation, thème: le marché:
"Ce matin je suis allée au marché, quelle aventure palpitante!"

Dissertation, thème: l'automne:
"Aujourd'hui, j'ai ramassé des champignons, quelle aventure palpitante!"

etc, etc, etc...
(et j'avais de bonnes notes!)

illustriert von Silvia Christoph

Le club des 5 a marqué pleins de gens célèbres :
Je suis sûre que Spielberg a puisé dans l'image ci-dessus
pour faire sa fameuse scène de course à vélo dans E.T

samedi 7 février 2009

Dominicales stories...


Le dimanche en Suisse m'angoisse un peu...
On ne peut pas: Faire les courses, écouter de la musique trop fort, faire la lessive (bon, on s'en remets!), faire les courses (je l'ai déjà dis?)
On peut: Faire du sport (de la balade ou même du "vrai sport"), faire de la culture (certains musées ou monuments mais ce n'est pas ouvert systématiquement, prudence!), faire du social (à l'église, au café, chez des copains), faire l'amour j'imagine (il n'y a rien d'écrit je crois à ce sujet dans mon règlement d'immeuble).


Le dimanche en Suisse, il faut s'organiser...
Sinon on crève de faim.
Vous ai-je déjà dis qu'on ne peut pas faire les courses? (À part à la Migros de la gare de Zürich, si ça peut dépanner quelqu'un!). Et pour le "Français de France" que tout ça n'émeut pas particulièrement: même pas de boulangerie ouverte le matin! (Là, ça fait mal hein?)


Le dimanche en Suisse, c'est sacré:
Réussirai-je à extirper de moi tous les conditionnements contractés pendant 20 ans en Amérique du nord? Là ou le dimanche est devenu un jour comme les autres: On travaille, on suit des cours, on consomme, on fait du magasinage, on passe la tondeuse même (surtout!) si ca fait chier les voisins et ...on ne fait pas de sport!

Moralité: Le dimanche en Suisse, il faut inviter des copains autour d'un brunch arrosé de sirop d'érable!

puis sortir et étudier les moeurs des chèvres...

...Crapahuter en super-poussette...


Une promenade dominicale typique à Würenlos...avec le premier soleil de janvier

dimanche 1 février 2009

Ich mache Fortschritte *

*Je fais des progrès

Dans la fameuse figure du Vase de Rubin, certains perçoivent d'abord le vase (en noir) et découvrent ensuite les 2 visages de profil (en blanc)....ou le contraire.

Dans mon apprentissage de l'allemand, il m'arrive un phénomène de perception semblable, par exemple:
Lors de notre arrivée en Octobre, alors que j'en étais encore à mes tous premiers contacts avec la langue de Goethe, j'ai été intriguée par cette pancarte chez MIGROS
Je lis:
MITTAGSHIT


et mon cerveau inexpérimenté décompose ce tas de lettres ainsi: MITTAG - SHIT
soit Mittag (midi) Shit (merde ...en anglais)
Ce que U traduit immédiatement et très élégamment par:
"La crotte du midi"
Je soupçonne tout de même que quelque chose ne va pas et cherche la signification allemande de Shit dans mon petit dico de poche (rien), plus tard le soir,dans mon gros dictionnaire (rien, nichts, GAR NICHTS!).
J'en déduis que c'est probablement du ...Suisse-allemand (c'est lâche, je sais, j'ai honte) et... j'oublie.
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2 mois plus tard...des notions de génitif (Complément du nom) ont macérées dans ma tête...
... S=Cas Génitif #*&?!!? !!!
ILLUMINATION !
(Euréka!)
Soudainement, mon cerveau aguerri décompose le groupe de mot ainsi:
MITTAG(S) HIT
Qui se traduit donc plus conformément par ...
le "hit du midi"
(le spécial du jour, banal quoi!)


Chers collègues et distingués invités,
Comment exprimer l'exaltation qui s'empare de moi dans ces fulgurants moments de com-préhension?
je 'NIRVANISE" total, genre:
La quête du vrai commence par l'expérience confuse de perception baignée dans les surimpositions des croyances, de l'opinion, elle se poursuit dans une expérience intellectuelle d'intuition et s'achève dans une expérience spirituelle, un retour de l'âme vers la lumière...
(relisez Platon!)

U est très déçu par ma traduction de "Mittagshit"
allez savoir pourquoi.
L'erreur est parfois plus poétique que le 'vrai' !

samedi 17 janvier 2009

Mein Waschtag!

Freundin: - Hallo Christine, es tu disponible ce soir pour l'expo de Hunterwasser?
Ich: - arrh Nein, IMPOSSIBLE, c'est MON JOUR DE LESSIVE!

Chers amis qui m'avez connue libre, rassurez-vous , cette scène est encore une fiction... pour l'instant.

Mais combien de temps vais-je résister? La LESSIVE régira t'elle un jour tous les aspects de ma vie?

Je vous dois quelques explications:
En Suisse, une minorité de gens sont propriétaires de leur maison...et de leur machine à laver.
La plupart sont locataires et partagent une salle (propre) de lavage et ont leur "jour de lavage" ou "waschtag".
J'ai trouvé ca mignon au début, le style communautaire!
Le bloc appartient à une banque (étonnant?) qui confie la gestion à une société qui nous a remis un réglement d'immeuble gros comme un roman qu'on traduira un jour.
Sous ses petits air de chalet, l'immeuble abrite 9 familles. Au sous-sol, chacun possède un petit abri nucléaire (Nous l'utilisons comme cave en attendant). Il y a le parking pour ceux qui ont une auto et...LA SALLE DE LAVAGE!
Nous sommes donc 9 , dont des familles très consommatrices (avec jeunes enfants). Il y a 6 jours dans la semaine (le dimanche est interdit) et seulement une laveuse, une sécheuse, avec LE CALENDRIER du mois sur lequel les gens inscrivent leurs heures d'occupation de la salle.

Lors de notre arrivée dans l'appart en décembre, je veux faire une brassée: impossible, pas de jour libre.
(Normal me suis-je dis, je viens d'arriver). Deux semaines après, je me résigne à mettre mon nom sur la seule plage horaire libre, le samedi (Ca ira mieux en 2009 me sermonne-je, et pour l'instant on s'installe, alors pas réellement de weekend sacrifié me console-je).
En 2009, nous rentrons de France (ou l'on en aura profité bien sûr pour faire toute notre lessive, merci Papa!). À peine arrivée dans notre sweet home de Wûrenlos, je me précipite au sous-sol dans l'objectif d' INNONDER de mon NOM le nouveau calendrier "Lavage 2009".
Horreur, le territoire de Janvier est déjà occupé...Février...Mars...TABARNAK!!! tout le bloody calendrier est rempli jusqu'à la fin des temps (décembre 2009)!!! En étudiant le système de division du temps un peu plus attentivement pour se faire du mal, on note des nuances intéressantes, par exemple la famille G. n'a pas systématiquement réservé tous les mardis de 2009: la deuxième semaine de juin, ils se sont inscrits pour le vendredi 5 (mais qu'ont ils donc de prévu le mardi 02 juin ? cela m'intrigue).
Restons constructif, voici ma liste de solutions pour régler mon problème:
(a) - Solution Coûteuse 1: Envoyer mon linge par avion à laver au Québec

(b) -Solution coûteuse 2: Acheter une maison avec laveuse d'ici la semaine prochaine car je n'ai plus rien à me mettre.

(c) - Solution délinquante 1: Faire du lavage le dimanche ou la nuit (interdit, mais je peux faire croire que je n'ai pas compris, entchouldigung!)

(d) - Solution délinquante 2: Faire du lavage dans un immeuble voisin (pas facile, on doit avoir une sorte de clé d'identité pour partir les machines)

(e) - Solution belliqueuse: Faire pression sur la banque (notre propriétaire) pour l'achat d'une autre machine. (les pauvres, faut pas les embêter, ils ont déjà une crise mondiale sur le dos)

(f) -Solution mesquine: GOMMER sur le calendrier le nom d'un voisin et prendre sa place. Feindre, quand je me fais engueuler, de ne rien comprendre.

(g )...et la Solution Romantique: Le retour au lavoir d'entan...

vendredi 9 janvier 2009

Es Bitzeli

Pour les nombreuses personnes avides de culture Suisse allemande qui m'ont demandé la signification du titre du blog " es bitzeli", voici:
Es bitzeli signifie "un peu" (ou "ein bisschen" en allemand)
C'est une formule de réponse très pratique:

Q - Parles-tu allemand, apprends-tu le Schwitzerdutch?
R - es bitzeli

Q - Travailles-tu, paies-tu de l'impôt?
R - es bitzeli

Q - Es-tu mariée, es-tu de bonne famille, es-tu Catholique?
R - es bitzeli

Q - Aimes-tu le Rivella*? (ca c'est une question piège, on change de stratégie!)
R - ...ja...natürlich!

*Le Rivella est une boisson typiquement suisse, en boire est un signe d'allégeance au drapeau Suisse.
http://www.rivella.fr/#home

JA! U est en bonne voie d'intégration!


Es bitzeli se décline aussi en musique:

Es Bitzeli Meh (en allemand 'ein bisschen mehr' signifiant "un peu plus") de Stereobabies
http://www.virginmega.fr/default.aspx?FicheTitre=101178813

Version traditionnelle:

Nimm Dr Es Bitzeli Zyt (en gros je crois, signifie "prend un peu le temps") de Swiss Mix
http://www.virginmega.fr/default.aspx?FicheTitre=103138137

jeudi 8 janvier 2009

Contretemps...

Train à crémaillière qui mène le touriste au sommet du Mont Pilatus, Lucerne.
Lors de notre arrivée à Zurich, si quelque chose nous a fait une forte impression, c'est bien le SSTBT
(super système de train/bus/tramway) .


Après une journée mémorable d'adaptation pour décoder le plan et comprendre le fonctionnement du réseau, les tarifs et forfaits, nous ne cessions de nous extasier sur la ponctualité et la fréquence des trains et vantions auprès de tous nos amis québécois et francais l'ordre et le civisme in-cro-ya-ble des Suisses. Bon, au sujet de la fréquence des trains, on s'est un peu calmé côté enthousiasme après notre exil à Würenlos (à 16 km de Zurich!) mais le service demeurait tout de même très supérieur à tout ce que l'on avait connu ailleurs dans le vaste monde civilisé.


À Montréal par exemple, chaque semaine dans le métro, il y avait une panne, un incident 'indépendant de notre volonté", un retard. C'était pire l'hiver , la haute saison des suicides. Le drame d'une mort violente, après l'observation d'un quart de minute de silence n'empêchait pas les gens de"chialer" (gueuler) sans retenue contre la compagnie qui augmente les prix et réduit le service etc etc etc, à la latine!


Croyez le ou non, aujourd'hui le 08 Janvier 2009, à 13h15, sur la "S-Bahn 3", j'ai assisté à mon premier "incident indépendant de notre volonté": Le train Zurich HB-Aarau a été immobilisé au moins 10 précieuses minutes à la station "Dietikon", 10 minutes pendant lesquelles le personnel a eu le temps de s' excuser ou se justifier (mon allemand est encore flou) longuement 3 fois.


À ma grande surprise, quelqu'un derrière moi a... pété un plomb, il a donné 3 ou 4 coups de poings sur le mur, tout ca ponctué de nombreux "Sheisssssse"(le "tabarnak' local) , exprimant ainsi sa rage, son impuissance, son désarroi face à un tel manque de CONTRÔLE sur le TEMPS.


Avant de sortir, j'ai discrètement regardé à quoi ressemblait l'individu, histoire de vérifier qu'il ne s'agissait pas d'un attardé mental ou pire, d'un étranger, mais non, ce n'était qu'un ...jeune! mais un Suisse tout de même!


Moralité: Les Suisses aussi sont Humains! (ouf!)