samedi 29 août 2009

Flaneries Rhénanes

Nos cousins parisiens, M, JN, C+P ont eu la charmante initiative de passer quelques jours avec nous: visite de Zurich et de Lucerne, vivifiante baignade au pied du Mont-Rigi, promenade dans la verte région d'Appenzell/St-Gallen, et pour clore la semaine, une virée aux "Rheinfall' près de Schaffhausen.
Sur la route, on franchit plusieurs fois la frontière Suisse/Allemagne, seule la couleur des vaches change.Je récite donc la propagande officielle:
" Les chutes du Rhin sont les plus grandes chutes d'eau d'Europe.
Lorsque le fleuve est à son niveau normal, 700 mètres cubes d'eau par seconde tombent des rochers d'une hauteur de 23 mètres sur une largeur de 150 mètres.
Après un court trajet en bateau, on peut monter sur le rocher situé au milieu du bassin et observer de près les masses d'eau impressionnantes".
C'est vrai que ca fouette de ressentir de près la puissance de ces masses d'eau s'écrasant en bas des rochers. Il fait beau et chaud, et d'humeur romantique, hop, on opte pour une croisière fluviale le long du Rhin.
"Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes"
("Mai"de G.Appolinaire)

Tiens? une sirène égarée...
" Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil "
("Lorely" de G. Appolinaire)

On croise plusieurs Bunkers, vestiges de la guerre reconvertis en plongeoirs.


"Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier ..."

"...Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent"
("Nuit Rhénane" de G.Appolinaire)
Nous voici à Stein am Rhein, avec ses magnifiques maisons en pain d'épice.
Lors de ma dernière visite de S am R au printemps, il n'y avait ...PERSONNE dans les rues! Sur le pont de Stein am Rhein, quelques jeunes mâles se défient.
Sautera, sautera pas?


(belle photo prise par P.)
Finalement, les filles sautent aussi et tout le monde sur le pont se penche pour s'assurer qu'elles ne perdent pas leur maillot.
Au delà, le Rhin fusionne avec le lac de Constance (Bodensee).

lundi 24 août 2009

Appenzell

Appenzell, c'est la Suisse profonde avec un grand S pyrogravé en caractères gothiques sur une planche de sapin*
Appenzell, c'est un must touristique: un cliché total, la capitale des nains de jardins* ((Bazar Hersche à Appenzell)

Appenzell, c'est pimpant, coloré, paisible, dépaysant, gai, ennuyeux, apaisant, énervant.



Appenzell est le point de départ d'innombrables balades alpines dans le vert des prairies appenzelloises. On peut découvrir à pied les environs de l'Ebenalp ou le Säntis (2502 m), au sommet duquel on accède en téléphérique *.
* Extraits choisis des commentaires du "Guide du routard 2009"

vendredi 14 août 2009

Giesskanne

Des arrosoirs de cuivre, des arrosoirs de fer blanc, des arrosoirs à pomme, des arrosoirs à goulot, des arrosoirs pulvérisateurs, des arrosoirs révolutionnaires avec remplissage & arrêt automatiques, des arrosoirs programmés avec minuterie incorporée hyper méga techno...
Arrosoirs à la fontaine de Würenlos

Bon: il semblerait que je sois la SEULE ici à avoir laissé crever (presque toutes) mes plantes cet été!

dimanche 9 août 2009

Pinky Street Parade

Inspirée par le billet bleu du blog d' Anne, ou à la manière d'Olivier qui lui aussi voit la vie en rose, voici quelques images de la Zurich Street Parade sous la pluie:






Le retour au Maquis (2)

Petit village de la Drôme, Dieulefit servit de refuge à 1 300 hommes, femmes et enfants. Des enfants juifs allaient à l’école de Beauvallon où ils durent leur survie grâce à l’action de l' anticonformiste Marguerite Soubeyran, ainsi que les autres fondatrices, Simone Monnier et Catherine Krafft. École active, développée à partir des recherches conduites à l’École Jean-Jacques Rousseau de Genève, Beauvallon fonctionnait comme une république d’enfants. Pendant la guerre, dans cette école pour enfants dits "caractériels", des enfants juifs furent recueillis. L’école et la pension ont servi de base à différents maquis situés à proximité de Dieulefit. Je passe la dernière semaine de juillet à Dieulefit avec quelques membres de ma famille. Avec mon frère P, nous partons un matin de ce cul-de-sac de Beauvallon, situé à 2,5 kilomètres du centre de Dieulefit... ...pour gravir un chemin vers le Montmirail et le ROC qui a abrité un camp de maquisards.
Un méchant et raide chemin de caillasse, sur 600 m de dénivellé. Les gens de Beauvallon l'empruntaient plusieurs fois par semaine pour ravitailler les maquisards.


Bloody Hell que ça monte!
À part un poêle rouillé, il ne reste plus grand chose de la cabane.
Un beau et stratégique point de vue sur la vallée du Rhône

De l'autre côté, c'est le pays de Comps, une commune de montagne avec un habitat dispersé.

L'église de Comps: balayée par le Mistral et solitaire sur son promontoire à 650m d'altitude

Le château de Comps (aujourd'hui une ferme)


De nombreux maquisards se sont réfugiés dans les fermes isolées de Comps.

Voici la ferme que mes parents ont acheté et retapé à Comps, 25 ans après la guerre, lorsque nous étions enfants: l'air y est meilleur que dans la vallée et nous y passions de longs mois l'été. Dans la maison, à côté du four à pain, il y avait une planque qui a abrité des hommes recherchés par les allemands. Avec mes cousines T et G, au péril de notre sécurité, nous avons longtemps cherché dans les ruines ou dans les ravins, d'autres cachettes et d'improbables passages souterrains. Tout cela, bien sûr, sous l'influence (désastreuse) de nos lectures et les effrayants récits des "vieux" de Comps, profondément marqués par la guerre.
illustration d' Igor Arnstam de Mon Vercors en feu de Paul Jacques Bonzon, auteur jeunesse
On nous a dit que "LE ROC" a été bombardé à la fin de la guerre Mais il est toujours là.
Je sais aujourd'hui combien c'est une chance d'avoir grandi au pied d'un ROC