mardi 29 décembre 2009

Santons de Provence

Les premiers maîtres santonniers provençaux apparaissent au 19ème siècle.
Santons et crèches Marcel Carbonel
(Comment fabriquer sa crêche)
La tradition du santon provençal se nourrit de la verve colorée de la Pastorale et se plaît à décrire le "petit peuple", avec ses personnages et ses métiers.


La Crèche de Noël dure jusqu'à l'Épiphanie le 06 janvier ( l'arrivée tardive des rois mages). C'est le jour ou (normalement) l'on "tire" les rois. Une fève/santon est cachée dans la galette à la frangipane. La personne qui obtient cette fève devient le roi de la journée et à le droit de porter la couronne dorée en carton qui accompagne toujours cette galette. C'est le plus jeune des convives, caché sous la table, qui décide de la distribution des parts.

Toute allusion subtile ou ressemblance avec des personnages ayant passé Noël avec nous en Provence est purement volontaire.

samedi 19 décembre 2009

Pain d'épice et vin chaud

COLMAR! Capitale des vins d'Alsace
Avec F. et sa nièce A. de Floride (en courte visite suisse pour une semaine) nous retrouvons à la gare de Colmar une de mes comparses "Émile Cohlienne" , S. qui vit maintenant à Strasbourg). On papote dans un mix d' espagnol, français, allemand et enfin l'anglais qui demeure la seule langue "dénominateur commun".
Colmar est réputée pour ses 5 marchés de Noël . Pas de neige (comme sur la pub) mais odeurs d'épices et débordements d'étalages garantis. Étonnament, j'aime bien me vautrer dans tout ce "quétaine" (kitsch), ça sent la fête et réveille un peu l'hiver.
Bretzel orgie...



F. sert la première tournée de vin chaud (Anis étoilé, bâtons de cannelle,gousse de vanille et écorces d'oranges, le tout infusé dans le vin rouge et servi ...chaud)
Miam, Façades couleurs "pâte d'amande"...

Colmar offre l'intimité d'une ville moyenne alliée à une grande richesse patrimoniale. Maisons à colombages très coloriées (J'adore) et tables traditionnelles à chaque coins de rue.By the way, c'est aussi la ville natale de Barthodi, le créateur de la statue de la liberté à New York. du coup, on peut en voir une repro dans un carrefour de la banlieue. ( pas allé voir mais pas grave, on a internet!)
Au Resto rue des Chasseurs, on discute Flammekueche/tarte flambée (sorte de pizza lardons oignon crème), Baeckoffe (mélange de 3 viandes) avant d' opter finalement pour une classique choucroute garnie assortie au décor.

Vue des jolies vitres du resto

Quartier de la "Petite Venise" (le pendant de la "Petite France" à Strasbourg) au fil de l'eau...
Ça change: ici "il" ne se balade pas en traîneau.



Un petit apercu des images de Jean-JacquesWaltz (1873-1951) ou Hansi: Illustrateur qui a connu les nombreux "changements de mains" de l'Alsace entre l'Allemagne et la France. Il représente de charmants enfants alsaciens dans des cadres enchanteurs et bucoliques. Mais il a été aussi un des symboles de la résistance alsacienne à l'Allemagne. Sa veine graphique et satirique lui a valu plusieurs condamnations devant les tribunaux allemands


Nous faisons une halte au Musée d'Unterlinden (musée provincial le plus visité de France).
Mérite d'être revu + lentement une prochaine fois.
Installé dans un ancien couvent, le "hit' du musée , c'est le retable d'Issenheim peint par Matthias Grünewald (1512-1516). Sinon, objets d'archéologie régionale, d'Art déco et traditions populaires (actuellement une expo de coiffes alsaciennes).
Aussi, une galerie d'art Moderne (Picasso, Dubuffet dont les sculptures sont vraiment mises en valeur dans le background médiéval).
Dans mes bagages, je rapporte un Kougelhopf (brioche raisins secs et amande) et après une petite dégustation persuasive, du vin (Riesling) alsacien. By the way, encore une autre bonne résolution pour 2010: suivre la route des vins (et villages) d'Alsace.
En attendant, de bonnes fêtes à tous, Feliz Navidad, Merry Christmas, schöne Weihnachten und einen guten Rutsch ins Neue Jahr.

samedi 5 décembre 2009

Typisch Paris

Près du parc Monceau, du 7ème étage de chez mes cousins B. et C, on est constamment en dialogue avec celle qui confère une identité indétrônable à Paris dans le reste du monde. J'aime bien la sentir en arrière plan tout en faisant connaissance avec notre petite cousine A.
C+P et M. nous ont rejoints pour le dessert. Puis, ils nous donnent un lift jusqu'aux Halles dans le centre. Bien sûr, on est jammé dans le trafic sur la rue St-Honoré, ça donne le temps de lêcher les vitrines, les décos chics de Noël, la rive droite le long de la Seine, le Louvre...La cause du ralentissement? une manif (of course!) qui nous rappelle que Paris n'est pas qu'une carte postale.
Contre des enfants arrêtés, des bébés en centre de rétention, des familles et des couples séparés, des lycéens et des étudiants forcés d’arrêter leurs études, des malades privés de soins, des exilés pourchassés, des travailleurs qui cotisent et n’ont aucun droits sociaux, une main-d’oeuvre immigrée maintenue volontairement dans la précarité...
Les Halles (Photo Wikipédia)

Si l'on veut un petit aperçu de la France à tendance 'état policier', on peut commencer par un petit tour aux Halles ou il est difficile d' ignorer la présence d'un bataillon impressionnant de cars de CRS. Le forum des Halles constitue un centre commercial important, très populaire du fait qu'il est extrêmement bien desservi par le RER et par le métro. C'est une zone "sensible" avec des interventions policières fréquentes. Lorsque A. s'adresse aux CRS pour demander de l'info sur "ce qu'il se passe", ils respectent la consigne en ne disant rien, très gentiment d'ailleurs, en nous souhaitant la bienvenue à Paris (décidément, le coup de l'accent québécois, ça pogne!).

Une balade digestive dans le Marais après une crêpe bretonne avec S et C près du centre Beaubourg qui est ... en grève! Décidément, dur pour le monde de la culture sous le régime Sarko.
Généralement à Zurich, nos invités prennent les voitures de luxe en photo. De mon côté, quand je "tourisme" en France, je "pâmoisonne" sur toutes les "deuches" (2 ch)

Le Marais était une zone de marécages once upon a time. Plusieurs communautés s'y sont constituées: Juifs à la fin du 19ème, Chinois après la première guerre mondiale, communauté gay depuis les années 80.

La rue des Rosiers est piétonne le dimanche et plusieurs restaurants de falafels compétitionnent joyeusement.
Chaque numéro de la rue à une histoire. Le no 7 par exemple commémore l'attentat antisémite du 9 août 1982. Le restaurant Jo Goldenberg est fermé depuis 2007. Jusqu'en 2003, sur la vitrine, les impacts de la fusillade ont été conservés.

La rue des Rosiers selon Anne Grynberg:
« Tout un univers d'immigrés issus de la yiddishkeit (culture du monde yiddish) avec lequel beaucoup de Juifs gardent toujours un lien, fort encore ou bien ténu, qui les conduit à venir le dimanche arpenter les rues du quartier, à se presser à la veille des fêtes pour acheter rue des Rosiers ou rue des Écouffes des produits traditionnels qu'ils pourraient trouver beaucoup plus près de chez eux, à faire un détour pour déguster un morceau de strudel aux pommes cher aux juifs de Pologne, une brik qui rappelle l'Algérie, ou un falafel, emblématique de la nourriture israélienne... Car mémoire et identité se mêlent et en dehors des emplettes qu'on pourrait évidemment faire ailleurs, on hume comme un parfum d'enfance - de son enfance, de celle de ses parents voire de ses grands-parents -, on croise des gens qui s'apprêtent à célébrer la même fête, on se dit "Shabbat Shalom" le vendredi.»

Un célèbre passage du film Les aventures de Rabbi Jacob de se déroule rue des Rosiers. À l'angle de la rue des Rosiers et de la rue des Ecouffes se dresse un bonhomme en fil de fer, symbolisant un traditionnel juif orthodoxe avec chapeau et papillotes.
Je découvre avec plaisir que je comprend pleins de mots yiddish, grâce à mon allemand tout
neuf. S. achète des "faux bagels" pour le petit dej de demain (les vrais étant New Yorkais et les meilleurs, Montréalais comme chacun le sait).

mercredi 2 décembre 2009

Salon du livre de Montreuil et Point Éphémère

Samedi: matinée professionnelle au 25ème Salon du livre jeunesse de Montreuil
Je croise un éditeur Suisse et un illustrateur que j'ai connu à Montréal. Je m'alourdi rapidement de catalogues épais et colorés, débordants de coordonnées d'éditeurs. J'étudierai et trierai tout ca plus tard. En attendant....

..A et moi sommes invités à manger du chevreuil de Bourgogne chez S. qui habite aujourd'hui à 2 pas du Salon, mais qui a été notre voisine /amie/collègue plusieurs années sur le Plateau à Montréal. On peut compter sur S. pour une mise à jour culturelle et sociale.

C'est parti pour une soirée au Point Ephémère, planqué sur le quai de Valmy, métro Jaurès.
L’équipe d’Usines Ephémères qui investit les bâtiments vides depuis 1997 pour en faire des espaces artistiques temporaires, squatte (on dit aussi "convention d’occupation précaire") ce bâtiment depuis 2004. Il y a des sites un peu partout , même à Montréal (La fondation Darling).

En première partie, un Bruno Candida en transe...
...et découverte (pour A et moi) du phénomène Claire Diterzi
À droite, c'est Delphine, la guitariste , une amie de S. et que j'avais rencontré avec elle à Boston il y a environ 10 ans.

Ce soir, c'est le dernier spectacle de la tournée de l'album "Tableau de chasse" . La petite salle permet une certaine intimité avec le public.

Cet album a été élaboré dans le cadre d'un spectacle au Théâtre de Chaillot en 2008 à partir d'une sélection d'une dizaine d'œuvres d'art (Claire Diterzi a fait des études de dessin avant de plonger dans le Rock) .
À cet univers pictural, s'est associé l'expérience de Claire acquise lors de ses collaborations scénographiques avec Philippe Découflé ou Titouan Lamazou et ses inspirations musicales de jeunesse telles the B-52's ou Le mystère des voix bulgares.
Le Verrou de Fragonard inspirant "Tableau de Chasse".

Portrait d'Yvette Guibert de toulouse-Lautrec, inspirant "La Vieille Chanteuse"
Sensuelle, provocatrice, du hors piste musical!
En soi, ça vaut bien le trajet Zurich-Paris!