lundi 30 mai 2011

Gaudi

Après sa mort, l'architecte catalan Antoni Gaudi (1852-1926) a été un peu oublié et méprisé par le courant + Bauhaus et conceptuel du début du XX (Picasso, par exple, le détestait!). Réhabilité notamment par Dali dans les années 50 comme une figure surréaliste et comme le représentant de l'art nouveau catalan, son oeuvre délirante est actuellement savourée par les connaisseurs et les (nombreux) touristes de Barcelone.
Commencons par l' apéro: la facade de la maison Batllo (1904-1906) surnommée la maison des os (balcons en formes de crânes) .
On enchaine avec la casa Mila (dite "La Pedrera" 1905-1907) : aucune ligne droite, à l'extérieur comme à l'intérieur ( pas de visite de l'intérieur pour nous cette fois afin de garder l'appétit pour le plat suivant).
Voici le plat de résistance: le monument le plus visité en Espagne, la célèbre "sagrada familia" avec ses 18 tours et flèches et ...ses grues!
Commencée en 1882, elle est encore en construction.
Facade de la passion, plus récente avec tendances "cubistes" (sculptures de Josep Maria Subirachs)

À l'opposé, l'autre facade est très lyrique et bavarde.
Une fois à l'intérieur (et après une attente très raisonnable), c'est le vertige: un univers unique, un trip science fiction.
Voûtes d'hyperboloides et colonnes hélicoidales (ou "ca ferait un beau loft" - dixit A.)
Structures de squelettes humains, structures d'arbres...
On est repu de grandeur...
Mais on ne manque à aucun prix le dessert: le (très célèbre aussi) Parc Guell
Un parc dont l'ambitieux projet initial était une cité-jardin. Le projet de 63 maisons a été abandonné. (problème classique de budget!)
La conciergerie: maison pain d'épice recouverte de glacage et de bonbons


En haut du double escalier, et donc au sous sol de la grande esplanade: la salle des colonnes (à l'origine du projet, la place du marché). Les mosaiques représentant le soleil et la lune.



Fragments de mosaiques typiquement représentatifs de l'univers de Gaudi
Un unique banc ( serpent de mer long et sinueux ) délimite la terrasse du parc Guell , avec vue sur la ville et les rivages de la méditerrannée.
L'architecture de Gaudi imite et fusionne parfaitement avec la nature.

dimanche 29 mai 2011

Sol y Sombra*


* Ombre et lumière

Dans les meilleures intentions touristiques, A. et moi arrivons lundi à Barcelone, le lendemain des élections espagnoles et de la "raclée socialiste": la gauche de l’actuel chef de l’Etat, José Luis Zapatero, enregistre sa plus lourde défaite depuis l’après-Franco.
Marquée par les actions de la plateforme "Democracia Real Ya",(ou"une vraie démocratie, maintenant") mettant dos à dos les deux principales formations politiques PP et PSOE, la campagne a débouché sur un vote blanc record.
Peinture sur rideau de fer dans la Ribéra - El Born

Mardi, Plaça de Catalunya, on remarque quelques "indignados".

Mercredi soir, dans le quartier de la Barceloneta, on assiste à notre première manif de percussions de casseroles. Un petit groupe, mais bruyant, avec cacophonie de solidarité en provenance des toits de la place du marché.
Mercat de la Barceloneta
Jeudi soir, re-manifestation sonore dans le quartier Gracia tandis que nous mangeons des Tapas avec nos amis du milieu de l'anim à Montréal-actuellement barcelonnais. M-P et F nous informent un peu plus sur ce bruyant "movimiento", ces regroupements citoyens qui manifestent chaque soir dans plusieurs quartiers de la ville en frappant sur des casseroles pour protester contre la classe politique et les répercussions de la crise économique.
Placa del Sol - Quartier Gracia

Peinture sur rideau de fer
dans la Ribéra - El Born


Jeudi: de plus en plus d'effervescence, plaça de Catalunya
Les manifestants se rassemblent autour de revendications multiples dénonçant pêle-mêle le système politique, la corruption et réclament (en gros!) davantage de justice sociale.
graffiti dans la Ribéra - El Born

Vendredi matin: La police anti-émeutes disperse par la force le petit groupe de manifestants du mouvement des "indignados" qui occupent pacifiquement la Plaça de Catalunya en scandant "no passaran"!
vendredi 27 mai . -Photo @ Joseph Lago

Les incidents ont éclaté au moment où les services municipaux ont commencé à nettoyer le lieu pour faire place nette en vue des célébrations de la Ligue des champions samedi sur cette même place. Des policiers casqués font usage de matraques et de balles en caoutchouc contre les manifestants qui bloquaient une des entrées de la place, empêchant le passage des camions de nettoyage. Les manifestants sont dispersés en quelques minutes.

Quarante-trois personnes sont légèrement "brutalisées" (blessées), 66 selon le periodico de Catalunya.


Les "indignés" récupèrent la place de la catalogne -Photo @ Kai Forsteling

Mais "reconquista" quelques heures après: entre 3 et 4000 manifestants reprennent la place en milieu de journée vendredi. Malgré l'utilisation de balles en caoutchouc, les policiers sont submergés par le nombre.

Les "indignés" entreprennent immédiatement de reconstruire le village de tentes, détruit le matin même.

Peinture sur rideau de fer
dans la Ribéra - El Born

Nous quittons le vendredi Barcelone et sa vitalité "Sol y Sombra" pour Zurich.
À Paris, plusieurs manifestations en soutien à la mobilisation espagnole ont lieu, à coups de "Yes we camp"!
Plusieurs villes de l'Hexagone (Lyon, Toulouse...) reprennent actuellement le modèle "indignados" avec une occupation programmée tous les soirs.

lundi 16 mai 2011

Le labyrinthe de Chartres


Labyrinthe: symbole puissant des errements et voies sans issues de l'Antiquité (Thésée et le Minotaure, Icare), transmission ludique des règles du "jeu de la vie" (Jeu de l'oie) , voyage initiatique , cheminement spirituel médiéval...

Le labyrinthe de chartres: au centre, une rose.

Un we familial à Chartres: impossible de passer à côté du célèbre labyrinthe de la très célèbre cathédrale gothique de Chartres (à une heure au sud-ouest de Paris).
Le labyrinthe est recouvert de chaises

Il n'est visible que les vendredis, (tel que ci-dessus, @ Bernard Gasté 2009), mais ca ne m'empêche pas de me faire un petit trip dans le style "Le nom de la Rose" (le "policier médiéval" d'Umberto Ecco).

"Le labyrinthe, il est là, comme un défi à relever. Tout autour, ses épines veillent dans le silence de la pierre, la rose en son centre sera le trophée de celui qui saura parvenir jusqu'à elle...
...nos premiers pas, après un court détour, nous conduisent rapidement tout près de la rose, nous sommes encouragés par cette promesse de succès...
...mais voilà que le sentier s'écarte et tourne comme les circonvolutions de notre cerveau. Et nous cheminons sur le côté gauche. Cerveau gauche: celui qui calcule, qui compte, qui raisonne. Le sentier nous intéresse. Nous poursuivons...
...nous passons à droite et, là encore, très vite, nous nous raprochons du centre pour nous en éloigner......nous cherchons des savoirs et nous tentons d'en faire le tour...

(La coquille est le symbole du pélerinage vers St-jacques de Compostelle. Les mendiants l'utilisent pour quêter, c'est "concept"je trouve)

...bientôt, de nombreux concepts jusqu'alors inconnus nous deviennent familiers. Certains n'iront pas plus loin...

...d'autres franchiront ce pont et ils entreront dans ce monde ignoré de l'intellect ...
Rue de la foulerie sur les bords de l'Eure
...dans ce monde nouveau, il faut alors vivre et oser l'expérience...
...mais le sentier s'éternise et, de rose, toujours point...

...tout devient découragement:la nuit obscure de l'initié
le vécu perd son sens au delà de l'idée que l'on peut s'en faire...
Une toile sur la terrasse de l'hotel Ibis


...certains resteront là: décus, usés, brisés

...d'autres puiseront dans une foi sans objet le courage de poursuivre. Et retrouvant l'axe du départ, ils vivront à nouveau le doute dans un ultime détour, comme s'il était trop simple d'avancer vers le coeur...

maison du Saumon
...car c'est bien dans le coeur que nous pénétrons alors, dans la rose dont nous respirons enfin le parfum...
.
...croyant avoir conquis la rose, nous sommes en réalité enfermés au centre de notre satisfaction.....si nous restons, nous vivrons captifs dans l'illusion d'être libres. Notre égo aura alors tout loisir de s'exprimer. Il faut sortir et continuer car le coeur n'est pas ici. Faudra t-il refaire tout le chemin (et repasser par la case départ sans recevoir 200$)?
...nous levons les yeux, et nous marchons droit devant, vers la lumière de l'orient, sans plus voir aucun des murs du labyrinthe...
La galerie du vitrail - Chartres

Nous les traversons en quelques pas, prenant conscience qu'ils n'étaient que des lignes dessinées par terre: labyrinthe illusoire de notre mental.
La lumière se fait enfin, nous sommes libre!

(Extraits piqués sur le siteweb "Les balades de la tradition")