dimanche 9 août 2009

Le retour au Maquis (2)

Petit village de la Drôme, Dieulefit servit de refuge à 1 300 hommes, femmes et enfants. Des enfants juifs allaient à l’école de Beauvallon où ils durent leur survie grâce à l’action de l' anticonformiste Marguerite Soubeyran, ainsi que les autres fondatrices, Simone Monnier et Catherine Krafft. École active, développée à partir des recherches conduites à l’École Jean-Jacques Rousseau de Genève, Beauvallon fonctionnait comme une république d’enfants. Pendant la guerre, dans cette école pour enfants dits "caractériels", des enfants juifs furent recueillis. L’école et la pension ont servi de base à différents maquis situés à proximité de Dieulefit. Je passe la dernière semaine de juillet à Dieulefit avec quelques membres de ma famille. Avec mon frère P, nous partons un matin de ce cul-de-sac de Beauvallon, situé à 2,5 kilomètres du centre de Dieulefit... ...pour gravir un chemin vers le Montmirail et le ROC qui a abrité un camp de maquisards.
Un méchant et raide chemin de caillasse, sur 600 m de dénivellé. Les gens de Beauvallon l'empruntaient plusieurs fois par semaine pour ravitailler les maquisards.


Bloody Hell que ça monte!
À part un poêle rouillé, il ne reste plus grand chose de la cabane.
Un beau et stratégique point de vue sur la vallée du Rhône

De l'autre côté, c'est le pays de Comps, une commune de montagne avec un habitat dispersé.

L'église de Comps: balayée par le Mistral et solitaire sur son promontoire à 650m d'altitude

Le château de Comps (aujourd'hui une ferme)


De nombreux maquisards se sont réfugiés dans les fermes isolées de Comps.

Voici la ferme que mes parents ont acheté et retapé à Comps, 25 ans après la guerre, lorsque nous étions enfants: l'air y est meilleur que dans la vallée et nous y passions de longs mois l'été. Dans la maison, à côté du four à pain, il y avait une planque qui a abrité des hommes recherchés par les allemands. Avec mes cousines T et G, au péril de notre sécurité, nous avons longtemps cherché dans les ruines ou dans les ravins, d'autres cachettes et d'improbables passages souterrains. Tout cela, bien sûr, sous l'influence (désastreuse) de nos lectures et les effrayants récits des "vieux" de Comps, profondément marqués par la guerre.
illustration d' Igor Arnstam de Mon Vercors en feu de Paul Jacques Bonzon, auteur jeunesse
On nous a dit que "LE ROC" a été bombardé à la fin de la guerre Mais il est toujours là.
Je sais aujourd'hui combien c'est une chance d'avoir grandi au pied d'un ROC

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