* Mais Rome ne s'est pas faite en un jour...
Milan, dans le quartier des Navigli

Ayant grandi en Provence, j'ai déjà commis l'erreur de considérer l'Italie comme le simple prolongement du sud de la France, en plus macho et ...plus pauvre. MEA CULPA! Cette semaine, j'ai passé 4 petits jours au nord du pays de la pasta et après 20 ans de vie au Québec + 6 mois d'hiver à Zürich, j'ai été...ÉBLOUIE! Une occasion pour moi de faire un "update" (mise à jour) de certains préjugés et réviser notamment 3 opinions que je traînais sur:
a) Les douaniers Italiens:
Leri: Il y a exactement 20 ans, dans le train Venise/Lyon, je suis arrêtée par les douaniers Italiens. Ils vident sans égard le contenu de mon sac à dos sur le plancher du train, linge pêle-mêle et parmi les bobettes et les chaussettes sales, ils trouvent des poudres de couleurs, des seringues , une petite cuillère, bref, tout mon matériel de peinture à l'oeuf (egg tempera) que je ramène de Grèce ou j'ai étudié la peinture Bysantine pendant quelques mois. Deux quarts d'heure humiliants et très laborieux pour les convaincre que non, ce n'est pas de la drogue mais de L'ART, tout ça devant les regards faux culs des autres passagers tous très cravatés, très propres et très respectables.
Oggi: Lundi cette semaine, J'ai donc une petite appréhension lorsque les douaniers désignent mon sac, mais ouf: c'est à peine s'ils m'accordent un regard pour s'acharner plutôt sur 2 vieux monsieurs. Bravo! je suis fière de leur progrès (ai-je contribué à leur éducation ou ont-ils vu Le Parrain?), peu importe, ils ont fini par assimiler que c'est du côté des vieux monsieurs cravatés qu'il faut chercher l'illégalité, la drogue ou les noises. J'en déduis aussi que j'ai gagné en respectabilité en perdant ma jeunesse, ça console un peu. Je suis un peu déçue tout de même de n'avoir pas eu l'opportunité d'une revanche triomphante, en exhibant mes progrès en arts ménagers et en déballant cette fois ci de mon sac des sous-vêtements proprets et impeccablement pliés, bien classés par couleurs, tailles, catégories, tous triplement parfumés (merci à la Suisse qui contribue à me transmettre les valeurs sacrées de la machine à laver!).
b) Les toualettes:
Leri: un autre séjour à Rome, à 17 ans avec 2 copines. Je dois prendre imminemment un bus (sans WC, je parle du siècle dernier!) pour plusieurs heures de voyage, avec une féroce envie pipi. Impossible d'aller aux toilettes d'un café. Il y a du monde, faut consommer pour profiter du lieu d'aisance, il y a un système trop complexe de jetons, bref, il y a urgence: je me soulage sur le trottoir entre 2 autos , qui elles ne manquent pas à Rome!
Oggi: Forte de cette expérience, j'ai pratiqué l'anticipation et mon séjour s'est très bien passé cette semaine. Bien sûr, les toilettes Italiennes ne sont pas toujours propres (relatif, mais disons que la Suisse m'a contaminée), souvent payantes, parfois négociables avec la consommation d'un cappuccino, bon, c'est devenu très surmontable!
Firenze, Santa Maria Novella
c) Les Mamas:
Leri: Je suis en voyage à Rome avec ma famille, et sur la rue très animée, je veux partager une découverte avec ma mère. Je tire donc avec l'enthousiaste de mes 14 ans sur son sac pour attirer son attention (oui je suis mal éduquée). Malheureusement, au bout du sac (qui atterri dans mes mains) ce n'est pas ma mère mais... une Mama Italienne au sang bouillonnant. Elle part une tirade théâtrale et très rapidement un petit cercle en furie de mamas solidaires se forme autour de moi. Un cercle qui se disperse très rapidement heureusement, le temps de comprendre que je n'ai rien d'une voleuse professionnelle. Un grand Merci à la leçon no1 de la Méthode Assimil qui m'aura appris à dire des Scusi Scusi très convaincants. (J'ai aussi retenu "Ma Roma non si è fatta in un giorno" dont je veux aujourd'hui rentabiliser l'apprentissage en en faisant le titre de mon billet).
Oggi: Cette semaine, dans un parc de la banlieue de Milan, je demande mon chemin à une Mama. Ne connaissant pas l'adresse que je cherche, elle appelle des copines et inconnues à la rescousse et tout un clan se mobilise alors autour de moi pour tenter de m'aider. Non, ça ne veut pas me lâcher dans l'incertitude. Finalement, la gang me trouve quelqu'un qui m'accompagne jusqu'à mon "Albergo" tout en papotant sur la dolce vitta. J'en suis toute éperdue de reconnaissance, Viva Italia!!!
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