samedi 5 décembre 2009

Typisch Paris

Près du parc Monceau, du 7ème étage de chez mes cousins B. et C, on est constamment en dialogue avec celle qui confère une identité indétrônable à Paris dans le reste du monde. J'aime bien la sentir en arrière plan tout en faisant connaissance avec notre petite cousine A.
C+P et M. nous ont rejoints pour le dessert. Puis, ils nous donnent un lift jusqu'aux Halles dans le centre. Bien sûr, on est jammé dans le trafic sur la rue St-Honoré, ça donne le temps de lêcher les vitrines, les décos chics de Noël, la rive droite le long de la Seine, le Louvre...La cause du ralentissement? une manif (of course!) qui nous rappelle que Paris n'est pas qu'une carte postale.
Contre des enfants arrêtés, des bébés en centre de rétention, des familles et des couples séparés, des lycéens et des étudiants forcés d’arrêter leurs études, des malades privés de soins, des exilés pourchassés, des travailleurs qui cotisent et n’ont aucun droits sociaux, une main-d’oeuvre immigrée maintenue volontairement dans la précarité...
Les Halles (Photo Wikipédia)

Si l'on veut un petit aperçu de la France à tendance 'état policier', on peut commencer par un petit tour aux Halles ou il est difficile d' ignorer la présence d'un bataillon impressionnant de cars de CRS. Le forum des Halles constitue un centre commercial important, très populaire du fait qu'il est extrêmement bien desservi par le RER et par le métro. C'est une zone "sensible" avec des interventions policières fréquentes. Lorsque A. s'adresse aux CRS pour demander de l'info sur "ce qu'il se passe", ils respectent la consigne en ne disant rien, très gentiment d'ailleurs, en nous souhaitant la bienvenue à Paris (décidément, le coup de l'accent québécois, ça pogne!).

Une balade digestive dans le Marais après une crêpe bretonne avec S et C près du centre Beaubourg qui est ... en grève! Décidément, dur pour le monde de la culture sous le régime Sarko.
Généralement à Zurich, nos invités prennent les voitures de luxe en photo. De mon côté, quand je "tourisme" en France, je "pâmoisonne" sur toutes les "deuches" (2 ch)

Le Marais était une zone de marécages once upon a time. Plusieurs communautés s'y sont constituées: Juifs à la fin du 19ème, Chinois après la première guerre mondiale, communauté gay depuis les années 80.

La rue des Rosiers est piétonne le dimanche et plusieurs restaurants de falafels compétitionnent joyeusement.
Chaque numéro de la rue à une histoire. Le no 7 par exemple commémore l'attentat antisémite du 9 août 1982. Le restaurant Jo Goldenberg est fermé depuis 2007. Jusqu'en 2003, sur la vitrine, les impacts de la fusillade ont été conservés.

La rue des Rosiers selon Anne Grynberg:
« Tout un univers d'immigrés issus de la yiddishkeit (culture du monde yiddish) avec lequel beaucoup de Juifs gardent toujours un lien, fort encore ou bien ténu, qui les conduit à venir le dimanche arpenter les rues du quartier, à se presser à la veille des fêtes pour acheter rue des Rosiers ou rue des Écouffes des produits traditionnels qu'ils pourraient trouver beaucoup plus près de chez eux, à faire un détour pour déguster un morceau de strudel aux pommes cher aux juifs de Pologne, une brik qui rappelle l'Algérie, ou un falafel, emblématique de la nourriture israélienne... Car mémoire et identité se mêlent et en dehors des emplettes qu'on pourrait évidemment faire ailleurs, on hume comme un parfum d'enfance - de son enfance, de celle de ses parents voire de ses grands-parents -, on croise des gens qui s'apprêtent à célébrer la même fête, on se dit "Shabbat Shalom" le vendredi.»

Un célèbre passage du film Les aventures de Rabbi Jacob de se déroule rue des Rosiers. À l'angle de la rue des Rosiers et de la rue des Ecouffes se dresse un bonhomme en fil de fer, symbolisant un traditionnel juif orthodoxe avec chapeau et papillotes.
Je découvre avec plaisir que je comprend pleins de mots yiddish, grâce à mon allemand tout
neuf. S. achète des "faux bagels" pour le petit dej de demain (les vrais étant New Yorkais et les meilleurs, Montréalais comme chacun le sait).

4 commentaires:

  1. Je suis jaloux de la vue sur la dame de fer...

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  2. Quel joli coup d'oeil sur Paris que je connais très très peu. J'aime bien les photos de vitrines. Et la vue sur la Tour, wow!

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  3. Bonjour Anne! Mon chum pur Québécois est passé plusieurs fois à Paris mais n'a jamais grimpé en haut de la tour Eiffel, alors la prochaine fois, on essayera la vue DE LA TOUR sur... l'appart, ca devrait être sympa aussi!

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