Dans les meilleures intentions touristiques, A. et moi arrivons lundi à Barcelone, le lendemain des élections espagnoles et de la "raclée socialiste": la gauche de l’actuel chef de l’Etat, José Luis Zapatero, enregistre sa plus lourde défaite depuis l’après-Franco.
Marquée par les actions de la plateforme "Democracia Real Ya",(ou"une vraie démocratie, maintenant") mettant dos à dos les deux principales formations politiques PP et PSOE, la campagne a débouché sur un vote blanc record.

Peinture sur rideau de fer dans la Ribéra - El Born

Mardi, Plaça de Catalunya, on remarque quelques "indignados".



Mercredi soir, dans le quartier de la Barceloneta, on assiste à notre première manif de percussions de casseroles. Un petit groupe, mais bruyant, avec cacophonie de solidarité en provenance des toits de la place du marché.

Mercat de la Barceloneta

Jeudi soir, re-manifestation sonore dans le quartier Gracia tandis que nous mangeons des Tapas avec nos amis du milieu de l'anim à Montréal-actuellement barcelonnais. M-P et F nous informent un peu plus sur ce bruyant "movimiento", ces regroupements citoyens qui manifestent chaque soir dans plusieurs quartiers de la ville en frappant sur des casseroles pour protester contre la classe politique et les répercussions de la crise économique.

Placa del Sol - Quartier Gracia


Peinture sur rideau de fer
dans la Ribéra - El Born

Jeudi: de plus en plus d'effervescence, plaça de Catalunya

Les manifestants se rassemblent autour de revendications multiples dénonçant pêle-mêle le système politique, la corruption et réclament (en gros!) davantage de justice sociale.



graffiti dans la Ribéra - El Born
Vendredi matin: La police anti-émeutes disperse par la force le petit groupe de manifestants du mouvement des "indignados" qui occupent pacifiquement la Plaça de Catalunya en scandant "no passaran"!

vendredi 27 mai . -Photo @ Joseph Lago
Les incidents ont éclaté au moment où les services municipaux ont commencé à nettoyer le lieu pour faire place nette en vue des célébrations de la Ligue des champions samedi sur cette même place. Des policiers casqués font usage de matraques et de balles en caoutchouc contre les manifestants qui bloquaient une des entrées de la place, empêchant le passage des camions de nettoyage. Les manifestants sont dispersés en quelques minutes.

Quarante-trois personnes sont légèrement "brutalisées" (blessées), 66 selon le periodico de Catalunya.

Les "indignés" récupèrent la place de la catalogne -Photo @ Kai Forsteling
Mais "reconquista" quelques heures après: entre 3 et 4000 manifestants reprennent la place en milieu de journée vendredi. Malgré l'utilisation de balles en caoutchouc, les policiers sont submergés par le nombre.
Les "indignés" entreprennent immédiatement de reconstruire le village de tentes, détruit le matin même.

Peinture sur rideau de fer
dans la Ribéra - El Born
Nous quittons le vendredi Barcelone et sa vitalité "Sol y Sombra" pour Zurich.
À Paris, plusieurs manifestations en soutien à la mobilisation espagnole ont lieu, à coups de "Yes we camp"!
Plusieurs villes de l'Hexagone (Lyon, Toulouse...) reprennent actuellement le modèle "indignados" avec une occupation programmée tous les soirs.

Oh la la, chaud climat en Espagne! J'espère que tu n'as pas reçu de balle caoutchoutée en passant!
RépondreSupprimer"témoine" de l'histoire en couleur!
RépondreSupprimerhola Gen, hola Anso, en fait, cela ne nous a pas empeché d etre de parfaits touristes toute la semaine. (voir les futurs billets!) Même pas raté notre avion le vendredi (dommage, j'aurai bien allongé le séjour!)alors que MP a mis 2h pour rentrer du boulot.
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